Couleurs et Horizons

Venez découvrir cette nouvelle exposition, dont certaine œuvres de Carole Perrette sont inédites. Complétée par la douceur des photos de Matthieu Oppliger, photographe et cameraman ainsi que les fabuleuses perles du monde de Josette Boeggli qui en fait de somptueux colliers.

Au plaisir de vous recevoir.

Sur RDV au 078 659 96 61

ouverture les vendredi samedi et dimanche de 15 h 00 à 18 h 00

A propos de l’exposition de Matthieu Oppliger

Atlantique

Ne cherchez pas l’Homme, effacé par le temps, par son œuvre aussi. De lui, il ne reste que ses traces, de fer et de béton, jusque sur ces rivages. Ces photographies sont vierges de présence humaine.

On la devine pourtant, et elle se veut presque rassurante. Il subsiste pourtant, dans les rigueurs du format choisi, tant d’humanité, dessinée par l’immensité, par les eaux, les roches. C’est une création, mais sans majuscule de la genèse, c’est l’œuvre de Matthieu Oppliger, qui a décidé de voir un moment de sa vie entre blancs et gris. Un voyage, disons, initiatique.

Kerouac l’a fait en bagnole. Turner en peinture. Rechercher la juste lumière.
Matthieu Oppliger, lui, a choisi de poser sa chambre photographique, son appareil à souf- flet, là où forcément elle donnerait du sens à sa composition, comme le peintre paysagiste d’alors. Sa route à lui : trois mille kilomètres de littoral atlantique parcourus, en solitaire, dans son bus bricolé, tel la cellule du moine, de la Pointe-du-Raz en Bretagne au Cap Saint- Vincent en Algarve. Des mois, entre sable et bitume. Les odeurs du sel et du goémon, du café

et du saucisson, de l’essence avalés.

La vie tout simplement.

Parce qu’Oppliger est ainsi fait, il l’a géoréférencée, documentée, et peut-être qu’en lisant ses cartes, à force de n’y voir que tracés et pointillés, il s’est même mis à espérer pouvoir la maîtriser. Heureusement, elle s’est montrée capricieuse. Alors il a regardé, scruté et choisi ses lignes. Fragile équilibre entre la nature domptée et l’homme fait de volonté. Au final, tout y est, des bouts de France, d’Espagne et de Portugal, des pièces rapportées en négatifs grand format, tirés à la main sur papier baryté. Et pour plus de profondeur, virés au sélénium. Le choix, le luxe, la matière de l’argentique. Les règles de base, les fuites, les horizons, ces tiers et ses architectures, puis surtout, l’œil d’un gars libre, à attendre l’instant juste, ces deux minutes d’empressement lorsqu’il s’agit de s’installer, la fraction de seconde, son multiple qu’il faut à la machinerie pour capter la lumière voulue.

Un éclair d’éternité.

Et le résultat, le voici, riche, pur, un travail de sens, monastique, décliné sous vos yeux. Au bout de la route, une trentaine de clichés, seulement, parce que les murs sont peut-être trop petits pour raconter l’immensité.

Thierry Clémence